#1 ; C’était à peine hier et déjà, tu brandis le drapeau de l’ignorance.

À toi, fils de France, fils de Marianne. À toi, fils de l’Union Européenne, fils du drapeau bleu blanc rouge. À toi, fils de l’Hexagone, fils de la République. À toi, fils de la Tour Eiffel, fils de la Marseillaise. Fils des calanques, fils des montagnes, fils des plaines, fils de la mer, fils de l’occident. Fils d’une soi disant liberté, d’une minime égalité, d’un semblant de fraternité. À toi, fils de France, dis-moi, as-tu perdu ta voie ?

Je ne te parlerai pas de voix, ça tu sembles l’avoir trouvée. Plus de 70% des français ont fait le déplacement pour une croix sur un bulletin. C’est bien, fils de France. Enfin, c’est déjà bien. C’est acceptable jusqu’à l’annonce des résultats. 21,3% des voix ont été entendues par le Front National. Ai-je vraiment besoin d’ajouter que c’est environ 7 795 800 français ? 7 795 800 enveloppes glissées dans les urnes de ton magnifique pays. Et puis les autres, aussi. Ces nations loin d’ici où ton peuple a décidé de s’installer. Alors je ne parlerai plus de voix. J’ai bien compris que tu en as une. Mais en parler me ferait gerber.

Laisse-moi parler de voie, laisse-moi écrire sur le chemin. Celui de la tolérance, de l’éducation, du respect de soi et de celui des autres. Laisse-moi poser des mots sur l’amour de ta patrie, sur sa culture riche et ses paysages fabuleux. Laisse-moi décrire tes valeurs qui se transmettent depuis la nuit des temps, la beauté des humains qui foulent tes terres, la richesse de ta diversité. Laisse-moi parler de voie. De ta voie. De celle de ta Nation. Du seul pays que tu as, qui est vraiment à toi. Celui qui t’a vu naître. Qui t’a vu grandir. Qui t’a vu devenir un adulte apte à entrer dans un isoloir. Ce même pays qui t’a vu voter pour Marine Lepen. Pour elle, et contre tous.

Près de 12% du beau monde qui vit dans ton pays n’est pas né sur tes terres. 12% qui n’est pas français. Qui n’est pas « comme toi ». 12% que tu condamnes à la potence d’une nouvelle ère, au bûcher des temps modernes. Tu fais une croix sur un bulletin et d’un même geste, tu valides la chasse à la sorcière 2.0. La France aux français, qu’ils disent. Mais sais-tu comment serait la France, sans la culture étrangère ? Sans ces choses magnifiques que d’autres ont apportés sur ton territoire ? Tu t’expatries dans un pays étranger quand tu satures du quotidien dans ta belle France pourrie jusqu’à l’os, mais tu n’acceptes pas qu’un autre fils de loin puisse venir chez toi pour fuir la mort, la guerre, l’injustice, le danger. Toi, fils de France, tu ne survivrais pas deux semaines sur les plaines d’orient. Tu ne survivrais pas un mois hors de ton pays cocon.

Avec mes yeux à moi, la France est belle, forte, pleine de valeurs et de culture. J’ai vu la France être blessée, baigner dans son sang et s’en sortir quand même. J’ai vu la France menacée avec des flingues, avec des bombes, avec des armes lourdes. Mais jamais elle ne m’a semblé aussi menacée qu’en ce moment. Un flingue ne sera jamais aussi dangereux qu’un amalgame. Une bombe ne sera jamais aussi menaçante que l’ignorance. Les armes lourdes ne seront jamais aussi destructrices que l’intolérance. Et ces critères ont un prénom, ces critères ont un parti. Et ils sont à la seconde place pour le deuxième tour des élections.

À toi, fils de France, fils de Marianne. À toi, fils de l’Union Européenne, fils du drapeau bleu blanc rouge. À toi, fils de l’Hexagone, fils de la République. À toi, fils de la Tour Eiffel, fils de la Marseillaise. Fils des calanques, fils des montagnes, fils des plaines, fils de la mer, fils de l’occident. Fils d’une soi disant liberté, d’une minime égalité, d’un semblant de fraternité. Je ne peux plus te blâmer pour ce que tu as fait, pour ce que tu feras encore. Mais je peux rester droite, je peux rester fière. Mon pays n’est pas tout blanc, ni tout noir. Mon pays n’a pas un gouvernement parfait, n’a pas un Roi sans défauts. Mon pays n’héberge pas que des gens compréhensifs, que des gens tolérants. Mais dans mon pays, on se serre le coude, l’ami. Dans mon pays, on s’aime, on s’aide, on s’apprivoise. Dans mon pays, on s’insurge pour ce qui arrive à ta France. Dans mon pays, on pense à toi.

Je pense à toi, fils de France. Je pense à toi et je te soutiens, parce que ça doit être difficile de vivre sans cerveau. J’aimerais juste te rappeler que l’amour est une valeur universelle. Tu vis sur une terre de culture, de joie, d’amour, de respect, de tolérance, de partage. Ton pays est magnifique, ne le laisse pas tomber. Ne lui autorise pas à laisser tomber ceux qui ont besoin d’une terre.

Et n’oublie pas que où que tu ailles quand tu franchis tes frontières, ami français, tu n’es plus, à ton tour, qu’un étranger.